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ROBES DE REINES

par Anne EVEILLARD

Une expérience de réalisation collective et représentative de sujets environnementaux, sociétaux et d’innovation. 

« J’habite à Saint-Denis et je prends mon café en face de la basilique. » C’est comme ça que tout a commencé. L’artiste et designer textile Lamyne M. s’est pris d’intérêt pour la cathédrale, également dernière demeure des reines et rois de France. « La basilique abrite les sépultures de 43 rois, 32 reines et 10 serviteurs de la monarchie », rappelle Lamyne M. Lui, ce sont les reines qui l’ont inspiré. Il a retrouvé leurs mensurations exactes et à partir de ces données, a créé des robes de trois mètres de hauteur avec des tissus traditionnels venus d’Afrique, du Moyen-Orient ou issus de ses voyages ajoutés à d’autres trésors cachés dans l’atelier qu’il s’est aménagé au fond du jardin de sa maison dionysienne. Le wax côtoie ainsi le jean ou encore un patchwork de matières dont on fait les joggings. « Ces robes sont l’occasion d’aborder la question de la femme dans la société actuelle », explique l’artiste camerounais. Il parle aussi de « rendez-vous entre les morts et les vivants ». Les « vivants » étant une pléiade d’artisans locaux sollicités par Lamyne M, sans oublier les élèves de la section mode du lycée La Source à Nogent- sur-Marne, mais aussi les femmes de la maison de quartier Floréal. Le tout mené avec la complicité de l’association Franciade, de la ville de Saint Denis et du centre des monuments nationaux.  

© Brigitte Baudesson - DR - Les Docks Cité de la Mode et du Design

« Il n’y a pas que du foot et du rap en Seine- Saint-Denis », souligne Lamyne M. Il fait allusion à une mouvance émergente autour de l’art contemporain. Ses robes, exposées cet été à la Cité, en sont une illustration. Si rhabiller les gisantes pouvait d’emblée surprendre, voire déranger, nalement, cela incite et invite à redécouvrir une partie de l’Histoire de France. Lamyne M. en a d’ailleurs profité pour mettre à l’honneur « des reines oubliées ». À l’instar de Marie d’Anjou, « effacée en son temps par la beauté d’Agnès Sorel », pour laquelle il a confectionné sa robe la plus colorée. Cette robe, présentée lors de l’exposition LES GRANDES ROBES ROYALES à Chinon, a été réalisée avec le concours des femmes de l’association ACTIVE et la participation de la Forteresse de Chinon. 

lamyne-m.com